La geek connait les crises de Hope, elle en a déjà vu, quelques-unes, elle ne les a jamais compris, pas réellement. A une époque, il lui avait dit « avoir un problème au cœur ». Aujourd’hui que sont vraiment ces crises ? Des bonnes grosses attaques d’angoisse et de panique ? Un effet plus temporel, un résultat de sa place déplacée dans le temps ? Elle aimerait savoir, mais elle retient sa respiration en le voyant tout pâle. Elle ne s’approche pas et mordille la peau sèche de ses lèvres, quitte à s’en arracher une au deux, au passage, même celle qui lui colle soudainement une petite douleur, et lui file un gout métallique dans la bouche. Elle passe sa langue dessus et secoue la tête.
Malade ? Non. Anxieux ? Sûrement. Elle ne sait pas.
--Je suis pas Wonder Woman, je suis Barbara Gordon et puis, de toutes façons…
Que pense Lou de Wonder Woman ? Un film passablement mauvais, « Des walkyries qui tabassent des nazis tro bien ! ». Voilà ce qui se lit sur internet pour des communautés de fan passablement mal instruit sur le contexte de WWI et WW2, pour autant pas si mauvais. Wonder Woman reste du comics d’entre-guerre, visant la propagande pour le bon américain typique –ils ont pas ça les anglais !- comme Capitaine América. Un film où la différence avec la première et seconde guerre mondiale est trop fine. Est-ce que Gal Gadot relève le niveau ? Elle a quand même tournée enceinte de six mois, cela force le respect. Et Chris Pine la fait rire, mais le film reste plus ou moins mauvais.
Bon, mais mauvais.
Heureusement ce ne serait pas le costume favori de cet Halloween 2017, mais plutôt celui de Pennywise. Ça sauverait de Harley Quin version Suicide Squad !
Elle se tait donc, avant de trop commencer et d’une œillade peut-être trop complice en présence de Dawn, elle fronce ses yeux rougis, faussement méchamment, lèvres pincées. Un faux regard mauvais avant de sourire, tristounette toujours, mais un beau sourire. Il la connait bien, trop bien, ce qui n’est pas difficile. Non ?
Elle repasse à l’air plus refermé, triste, clos. C’est compliquer, changer des choses, mais pas toutes, faire attention au final, elle ne comprend pas. En quoi se change-t-il et comment sait-il qu’il se change ! Qu’est-ce qui est modifié déjà ? Ne va-t-il pas changer d’autre chose ? Il ne comprends pas que si petit Hope est enfermée en prison d’absinthe, elle n’a aucune raison de rester à Vegas ? Quoi que…qu’est-ce que cela ferait de venir vers Séveride pour lui dire, bien, au fait, je veux bien m’en aller, on s’en va ?
Il lui rirait au nez et la rejetterait. Encore une fois. Et elle n’aurait plus ni Hope, ni Séveride, ni rien. Elle n’a déjà plus le second de toutes façons et en fait, elle ne l’a jamais eue. Elle n’a pas petit Hope non plus, bien entendu, il est sa raison principale d’être ici, mais sans lui, elle n’a pas de raison d’être là, au final.
Avec Séveride, elle ne s’attendait à rien au final, et voilà Lou qui perds le fil de la conversation, isolée dans sa petite tête de linotte, un sanglot au fond de la gorge. Elle pourrait s’en aller avec ou sans lui au pire de tous les cas…
Elle revient au moment présent, en papillonnant des yeux, visiblement beaucoup plus loin qu’eux, leurs mots, leurs paroles, et elle les regarde, comme si elle était revenue d’une longue absence, ce qui est le cas.
Ils lui ont parlé ? Elle ne sait pas, elle ne se sent pas à l’aise, et un frisson vient dans sa nuque, tout était si simple à penser quand Sainte-Lame l’a…elle déglutit. La facilité ce n’est pas ce qu’aime Lou mais sous le flot d’émotion, de penser, de parole, elle sent comme un glaçon courir le long de sa nuque. Elle se racle la gorge.
--Je ne sais pas Hope, je comprends sans comprendre. Tu dis que ça te change et tu veux être le même homme qui est devant moi mais est-ce que ça ne te changera pas. Peut-être qu’il suffit juste que vous ne vous approchiez jamais, c’est un enfant, on commence à se souvenir vers 4 ans, je pense que pour l’instant à part les dragons-chats et Cars y a pas grand-chose qui…-Elle sourit tristement. Il a le temps avant de s’enfermer non ? et de toutes façons que pourrait-il faire si Dawn et Sariel ne veulent pas ? Rien ! Logique non ? Elle préfère se taire. Elle secoue la tête plutôt quand Dawn demande ce qu’il faisait là –C’est mon texto qui a dû l’inquiéter, désolé Hope…
Il ne devrait pas se faire de souci, ça irait, elle tire un morceau de sopalin pour se moucher, non sans avoir essuyer ses yeux humides, elle ne doit pas ressembler à grand-chose. Mais ça va, elle a encore ses jambes !
--Vous devriez…profiter et aller manger une glace. Non ? ça va…je…je dois rester là et puis…faire des…
Faire quoi. Elle finit par lâcher, incertaine.
--Trucs.
Elle ne veut pas inquiéter Dawn, qui a déjà assez, alors, ça va, et c’est une manière de ne causer de souci à personne, pas forcément efficace si on y réfléchit mais Lucy préfère qu’ils puissent profiter tous les deux que de les déranger avec ses trucs, qui ne sont pas forcément des problèmes, juste des évènements impromptus sur sa route ! Voilà tout !