Retiens le jour... [Enki]

Que vous voyagiez dans le passé aux côtés de Kronos ou que vous vous remémoriez des souvenirs de votre passé, cela se déroule ici.
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Helle Larsen

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Helle Larsen

» 06 janv. 2018, 00:00

_Octobre 2014.

Là où tout commence. Où la nuit s'enveloppe de son manteau d'étoiles, je sais que je rêverais. Nulle souffrance à demi-avouée bien que le tourment ne m'a pas abandonné, je sais que je rêverais. Mon âme s'en trouve retournée à la fin de journée. J'ai hâte de t'y retrouver. Au plus profond de moi, je sais que je nourris cet espoir de te revoir. Quelque part, dans le tréfonds de cet abysse qui me sert de mémoire.

J'ai tout oublié.

Pourtant ce visage. Cette douceur qu'il émane. Je ne l'ai pas négligé. Je t'ai rêvé, femme sans pied, Ange ou bien Névé, comme un bruit doux. Tu m'appelles parfois dans mon sommeil et je pense te reconnaître. Mais bien que ton sourire soit familier, ton nom est enterré. La douleur de ne pas se souvenir de toi me ronge. Où es-tu ?

Tu me manques tellement.

**

Dans cette pièce,
Nul semble respirer
Ici c'est un
Abri que l'on m'a donné.


Ma chambre, univers qui m'est encore étranger, me regarde de ses murs habillés de blanc et de voilages tout aussi immaculés. L'ambiance est chaleureuse et bohème. Je suis chez moi. J'ai encore du mal à le réaliser. Enki... Pappa me répète qu'il me faut du temps... Mais j'ai l'impression de ne pas en avoir assez. Mon passé n'est qu'un puzzle dont les pièces sont éparpillées dans les coins de mon esprit. Esprit qui me boude. Même lui...

Puis il y a Enki. Cet homme qui m'a sorti de cette prison de verre, reste encore un inconnu à mes yeux. C'est mal de penser ce genre de chose tout en sachant qu'il m'a élevé. Pourtant son visage si familier me désarçonne. Je me souviens de son sourire, des petites rides d'expressions à son regard clair dès qu'il rit. Qui es-tu vraiment ? Je ne saurais expliquer cette sensation déroutante qui campe mon ventre dès que je te regarde. Il y a des sentiments. De très forts sentiments qui m'échappent. Comment pourrais-je continuer à t'appeler Pappa si moi-même je ne comprend pas ce que j'éprouve. Notre lien est puissant.. le ressens-tu seulement ? Ou bien je fabule.
Non... Je sais que Non.
Aimé n'est pas un jeu d'enfant. J'ai encore du mal à en saisir les nuances. Mais Toi. Ton absence me consume doucement. Tu n'es pas loin... et pourtant quelque chose en moi se brise. (L'innocence immaculée, de mon âme d'enfant sage... je voudrais comprendre.)


La nuit est tombée depuis quelques temps. Les lumières m'ont abandonnées. J'ai sombré dans le néant à forcer la réflexion jusqu'à épuisement. Mon souffle est régulier. Mes songes non inanimés. Jusqu'à ce qu'en moi glisse ce don non désiré. Mon petit poing agrippe un bout de ma couette au niveau de mon ventre. Je gronde déjà. M'agite et le Tout s’entrouvre.

Tout est opaque. Et pourtant je sens qu'Il vient. Tout est flou. Tout à un goût de mort. Je suis perdue dans cette immensité sans paysage. Je recule d'un pas. D'un second. Je ne sais pas ce qu'il me veut. Cet être qui se dresse devant moi. Majestueux et d'une splendeur à couper le souffle. Il y a un vent glacial qui nous enveloppe. Je me vois retenir une masse de mes cheveux. Peu à peu son visage inconnu prend les traits d'Enki... Je sens mon cœur bondir de ma poitrine. Tout est vague. Et le sang âpre coule de ma bouche. Métal. Suis-je blessée ? Il me regarde intensément de toute sa hauteur. Je n'ai pas peur malgré la douleur qui me déchire la chair. Ai-je crié ? Mes mains pressent mon ventre et je les observe, souillées de vermeille. Le mien ? Lorsque je remonte mes perles polaires sur lui, je le vois se métamorphoser. Il est beaucoup plus grand qu'à l'accoutumé. Ses pieds ne sont plus que des sabots. Et son visage... Sa peau s’assombrit. Des cornes gigantesques ornent son front. Et ses ailes... Je ne les distingue pas très bien. Je l'admire et ne suis pas effrayée... Puis il fait un pas vers moi, brandissant sa voleuse au-dessus de ma tête. C'est vif. Je crie de toutes mes forces et tombe à genoux dans un râle insondable. Je le vois... Il rend les coups à une autre créature aussi sombre que lui. Je crie encore une fois... La peur de le voir blesser... Pourtant c'est moi qui me vide à même le sol... Je le regarde, l'entend hurler mon nom... et tout s'estompe dans un tourbillon hivernal.

« ENKI !! »
M'extraire de ma vision est violent. Je m'assoie aussitôt, le corps grelottant et pris d'une fièvre éphémère. J'ai le regard encore apeuré et voilé de larmes que je ne contrôle pas. Je ne distingue pas encore la pièce qui m'entoure, ni même la présence à mes côtés. L'esprit se noie dans son bouillon d'information... Je n'ose y croire... Enki est... Enki est Nephilim.

Parle-moi !
Pourquoi cette couleur trompeuse ?
Ange, parle-moi !
De voir qu'en lui, ils étaient deux.
Je sais ce que veux dire mentir pour moi,
Tu sais, Dieu a rompu son pacte avec l'inconnu.
Parle-moi !
J'aimerais comprendre...
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» 27 janv. 2018, 19:19

Des nuits volées à vouloir la veiller en silence, dans le noir de ma chambre.
J’avais appris à mes dépens qu’une distance entre nous eut été nécessaire, celle que l’on réservât aux intimes étrangers. Mais au-delà de tout ça, je l’avais récupérée. Perdue dans les bras d’une autre aux plumes étincelantes, je n’avais jamais cru la revoir un jour. Pas maintenant. Pas sous mon toit. Pas en m’appelant Pappa... comme au pays d’autrefois.

Chaque jour qui passe n’a cessé de me rappeler la mort de Silje. Une disparition que je n’ai su lui expliquer, les circonstances n’étant clairement pas à mon avantage. Ce jour-là, j’avais cru l’avoir perdu à tout jamais. Tout s’était brisé en quelques secondes et n’avais pas supporté cette déchirure. Silje... n’aurait pas supporté cette perte elle non plus. Silje... que j’ai aimé. Silje... que j’ai tué.

Je suis allongé sur mon lit, cherchant à redessiner la noirceur sous mes yeux en des formes inattendues. Le fond sonore n’est plus occupé par ce disque live de Jimmy McGriff, mais seulement par le grésillement caractéristique d’un tourne disque qui n’a plus de trame lisible sous sa pointe. Ce sera toujours mieux qu’un silence... silence que je n’ai jamais su supporter depuis longtemps pendant mes nuits. Toujours, quelque part, la musique. La vie. Je suis alors ramené à ces années passées sur les routes, à errer sur le territoire, en insaisissable bohème. À choisir, je préférais qu’il en soit ainsi plutôt qu’un énième souvenir de mon père absent resurgisse... un fantôme bien décidé à ne pas lâcher cette vieille carcasse qu’était la mienne.

(Comment a-t-elle fait pour ne pas voir, lire cet amer mensonge ?)

Ce sont mes souvenirs qui se gèlent dans mon esprit, alors que ce dernier semble vouloir réclamer autre chose. Je songe à me relever, à changer de vinyle. Un incontournable de l’Oscar Peterson Trio, Night Train. Je me rappelle les avoir vu jouer, en 67. Un rappel au passé qui me donne envie de fumer.

Quand soudain, le cri époumoné de Helle me propulse violemment à la réalité.

Je me lève aussitôt et file en direction de sa chambre. Le parquet craque sous mes pas pourtant d’une rapidité irréaliste, surnaturelle. Je suis déjà à son chevet.
Et je peine de la voir ainsi tourmentée. Des démons... en était-ce seulement ? Et moi, que suis-je, finalement, si ce n’est la semence maudite d’un Dieu sans ailes et despote ?
C’est lorsque ses yeux se posent sur moi que je pense trouver la réponse à cette question — mais ceux-là sont encore endormis sous une fine couche de chair, pour le moment. Je croyais la deviner dans ceux de sa mère.
Mais en cet instant précis, ses paupières closes me perdent dans un doute qui m’a fauché dès les premiers instants où elle s’est éveillée à nouveau. Où elle m’a redécouvert. Aimant et lointain.

La distance est raisonnable. Je me fais violence pour ne pas la toucher, à laisser son visage d’enfant épargné du contact froid de ma peau. Les terreurs nocturnes, le somnambulisme... autant de sujets qui ne me sont pas inconnus, pour avoir pu en étudier des cas - et qui figurent encore dans ma liste de patients habituels -, en ayant même tenté de les apaiser. Mais l’affect n’était pas là. Pas aussi viscéral que celui qui parvenait parfois à m’embrouiller le cerveau, me laissant en partie désarmé.
J’essaie de deviner ses pensées avant ses courbes — elle a grandi, beaucoup grandi. Je suis debout, non loin d’elle, mais il me semble être encore trop loin.

Et puis elle m’appelle, dans un cri qui résonne encore quelques instants après qu’il ait eu lieu.

Cette fois, le silence, ancré, presque religieux — puisque imposé, nécessaire. Sur le moment, elle ne m’a pas vu. Mais une fois que c’est fait, je me découvre subtilement, glissant sur le bord du lit pour m’y poser, cherchant son poignet moite sans insister. « Helle, je suis là, » soufflai-je dans un murmure audible, faisant face au lot d’imprévisible. Elle ne fait pas une crise de somnambulisme — je n’aurais alors jamais tenté d’instaurer un quelconque contact, seulement prévenir les éventuels dégâts. (Elle me voit, m’entend et m’écoute.) Elle est prise de tremblements que j’aurais alors tenté d’inhiber sous une étreinte… que je ne provoque pas. « Je suis là. » répétai-je après avoir réussi à maintenir son poignet contre ma paume froide, pesant le lien physique.
Avec ce point de contact, une chance de la voir revenir, même si elle semble déjà là. Mais je suis inquiet. Je ne sais pas ce que sont ces rêves — elle ne m’en parle jamais. Je ne pense pas lui en vouloir, mais le temps et les émotions qui me traversent me rendent, disons, moins honnête et bienséant. Le vice caché me poussera certainement un jour à ouvrir ce carnet relié de cuir, dans lequel je l’ai déjà surprise à y écrire quelques lignes frénétiques.

Je réponds présent à l'appel. Malgré moi.

Et les jours sont clairs, remplis de peine.
(Enveloppe-moi dans ta douce pluie,)
Cette fois où tu es partie fut trop insoutenable…
(Nous nous retrouverons.)
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» 28 janv. 2018, 17:43

Du noir... Du rouge …
Une dominance qui me fait encore trembler. Ce n'est pas fièvre ou bien le froid. Il s'agit bien d'autre chose qui me pousse à l'effroi. Je te revois, si majestueux dans cette forme surnaturelle. Je n'ai pas envie de penser au mot 'bête' car à mes yeux... tu étais Merveille. La vérité m'a éclaboussé de sa bombe acide et dans tout ce bouillon de mélange, j'essaie de me raccommoder avec cette vision. Et rien de rassurant ne vient. Et si cela présageait qu'il allait être blessé ? … Mourir ? Le perdre est juste inconcevable.

J'ai besoin de toi.

Mes joues sont trempées de larme. J'en suffoque presque. Ma respiration est saccadée et lourde. L'oxygène peine à retrouver le chemin de mes poumons. L'anxiété y est pour beaucoup. Il faut que je me calme. Mes perles polaire désorientées finissent par entrevoir la silhouette familière d'Enki. Mon cœur se sert aussitôt d'une douce chaleur. Il est là... Juste là... Comme je l'espérais. Je n'arrive pas à articuler. Ma bouche reste entrouverte sur du muet. La détresse a laissé quelques poussières dans mon regard. Il se glisse au bord du lit, j'en reste immobile. Il m'est impossible de le toucher (pas encore). Et c'est lui qui brise l'interdit. Son contact à mon poignet brûlant me donne une chair de poule incontrôlée. J'ai le myocarde qui s'emballe alors que je le dévisage avec difficulté dans cette pénombre imposée. Il semble aller bien. Oui... il n'a rien. Le soulagement m'enveloppe doucement de ses bras rassurants. Ce fichu cauchemar aura ma peau...

Sa voix perce le silence et me console. C'est alors qu'un souvenir me paralyse. Comme une claque de plein fouet. Je me souviens qu'il venait à mon chevet dès que les mauvais rêves me tourmentaient. Il a ce don si particulier de calmer mes troubles, seulement avec trois petits mots, notre Temple. Oh Pappa... Maintenant je sais.

Mais je n'en parle pas.

D'affronter tant de nuits,
Les désastres du passé.
J'ai oublié de vivre,
D'accrocher ton astre à mon pied.


Puis c'est mon propre corps qui puise sa force dans cette volonté d'être proche. D'un bras j'écarte ma couette, et tout aussi vivement, je grimpe sur ses genoux et le chevauche sans rougir. Mes genoux épousent le matelas. Mes bras autours de son cou pour une étreinte pressante. Je veux le sentir contre moi. Besoin d'un cœur contre cœur. Qu'il soit ce bouclier dont j'ai besoin pour tout chasser de ma mémoire. Je ferme les yeux si fortement que mes paupières sont douloureuses. Je reste sans voix encore de longues minutes. Je me sens si bien. En sécurité. Je ressens sa fraîcheur transpercer le fin tissu de ma nuisette. De nature frileuse j'aurai rompu le contact aussitôt. Mais pas avec lui. Je supporte seulement le froid de sa peau et l'apparente à celui du marbre. Un indice que j'ai si longuement ignoré.

Il est Nephilim... Me souffle cette petite voix, comme si pointer du doigt sa réelle nature allait tout briser. Il te ment...

Est-ce si mal de fermer les yeux ? De n'entrevoir que le beau ?

J'arrive à me reculer lentement, le libérant de mes bras à sa nuque. Je me sens plus calme. Mais je ne m'enfuis pas. Mon visage mouillé est face au sien. Si proche que sa bouche souffle sur mes mots. « Ne m'abandonne pas. » J'en murmure comme une prière. Mon regard s'accroche au sien... le cœur au bord de l'implosion. Mes mains glissent le long de ses larges trapèzes pour remonter à sa gorge. J'ai le bassin qui oscille un instant en une douce ondulation, comme en réponse à cette excitation naissante qui chatouille mon ventre. L'envie de frémir est pharaonique. Je ne comprends pas. Il ne faut pas. Le contact à mon épiderme est sensation étrange. J'en bascule lentement ma tête sur un côté, comme un ralenti qui me tient en haleine. Mes phalanges dévient vers le bas de son crâne pour se perdre dans les boucles brunes. J'inspire. Il faut que je sache. Mes doigts remontent aux tempes que je caresse, anodine, sans cesser de le regarder comme s'il s'agissait d'un trésor. Je continue de le découvrir jusqu'à passer la pulpe de mes pouces à la naissance de son front.

Pas de cornes. Pas de pics.
Rien qu'une peau lisse et douce.
En suis-je soulagée ? Je n'en sais trop rien.
J'ai le sang qui bouillonne.

Et rien n'est calmé. Ni cette tension qui parcours mon corps. Ni cette pression qui compresse cœur et âme. Ni même cette curiosité qui me dévore. Cette envie soudaine de goutter ses lèvres. Est-ce mal ? Je suis perdue. Le silence a reprit ses droits dans cette petite chambre où juste nos respirations se font écho. Mon front finit par épouser le sien. Mes mains en coupe sur ses joues.

Et comme pour briser ce silence... Te dire les mots les plus tendres...
« Je t'aime. »
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Enki

» 28 janv. 2018, 19:45

Lorsque ses yeux semblent s’éclairer dans la pénombre, je crois me rassurer sur son état. Mais elle ne me parle pas. La pulpe de mon pouce lui caresse le creux du poignet, que j’enserre toujours entre mes doigts. Elle ne me parle pas, mais ce sera toujours plus que les premiers jours. Me contenter de peu alors que j’ai connu le Tout, d’être seul lorsque l’on a été deux. Au détour d’un regard, j’ai parfois l’image fantomatique de l’ange qui balaie ses traits doux. Une image qui pique mon cœur froid, sans parvenir à guider mes émotions. Haïr ? Je ne sais même pas si j’en suis capable. Je ne saurais diriger une pareille colère vers ce même visage, celui qui me toise dans cette tiède obscurité. Je ne le jurerai pas. Je m’étais persuadé du contraire vis à vis de sa mère… étais-je quelque chose de bon dans toute cette noirceur qui la traversait ?

Je la veux contre moi.

Et sans que je n’aie à initier un quelconque mouvement, ma volonté profonde se réalise. Elle se meut et je la suis des yeux, coi. Le silence perce, le silence nous noie, et je réponds à son étreinte comme si je l’avais attendue — et de fait, c’était le cas. Je gonfle mes poumons d’air, certaines effluves m’aguichant. Dans mon étreinte, je la berce presque imperceptiblement. Ma fille. Les minutes passent sans que je ne daigne crever l’étrange quiétude qui avait suivi l’orage. Un silence qui me paraît un peu moins pénible, lorsqu’il est ainsi partagé. L’une de mes mains lui caresse l’arrière du crâne. Quand finalement, elle se détache un peu, et je crois noter une nouvelle nuance… l’Orgone. Est-ce seulement déjà arrivé par le passé ? Pas une seule fois, à mon bon souvenir. Nos visages se font face et ses mots, aussi proches que nos corps respectifs, m’interpellent.

« Ne m’abandonne pas. »

Cette simple idée me paraît insensée. Tellement insensée que sur mes traits, le voile froid du sérieux s’installe, l’espace de quelques instants. Les effluves se font plus importantes au fil des secondes, et je peine à ne pas y rester insensible. Je réalise que l’une de mes mains repose sur l’une de ses cuisses; mes yeux trop clairs vissés aux siens.

« Jamais, galbi. »

Main que j’ôte, l’instant qui suit. Je tente vainement de comprendre. Sa façon de me regarder est différente. Ses gestes le sont aussi. Tout… est en totale transformation. Trop peu de temps s’est écoulé depuis que je l’ai sorti de ce service. Trop peu pour ce qui était le véhicule d’un Elohim. Se pourrait-il qu’elle l’ait meurtrie à ce point ? Se pourrait-il que tout doive changer ?

Je me perds dans sa contemplation alors que ses doigts glissent sur mes tempes. Elle a grandi. Et clos les paupières un instant, lorsque son pouce effleure la naissance de mon front.

A-t-elle besoin de se souvenir davantage ? Cette redécouverte, pourtant légitime pour qui souffrirait de ses maux, m’apparaît avec un arrière-goût d’étrange. Je sens son front contre le mien, nos souffles qui s’entremêlent. L’Orgone… toujours là, sous mes doigts. Elle ? Jamais. Les Éphémères, pourtant voué à s’échouer dans nos bras. Je souffre à l’idée que ma seule nature soit la raison pour laquelle Helle revient à moi. Pourtant…

« Je t’aime. »

Une éternité, je crois… que je n’avais pas reçu cet amour de sa bouche.

Je crois qu’elle ignore à quel point le mien déborde.

« Je t’aime aussi. » et lui caresse la joue, vais chercher quelques mèches de cheveux que je ramène en arrière, mes lèvres étirées dans un sourire léger. Prenant un peu plus de distance, je tire un peu le menton pour déposer un chaste baiser sur son front. Baiser pesé et soutenu pour trois misérables secondes.

Mes yeux lui demandent si elle se sent bien.

Mon corps la rassure, la protège.

Mes mots, eux…

« Ton cauchemar… » Paroles qui annoncent le désagréable, l'épine dans notre flanc. Dans ce murmure, une de mes mains flatte sa joue et y assèche le reste de ses larmes.

J’ai l’impression qu’il y a un fil sur lequel elle danse…

« Tu veux m’en parler ? » …et si cette fois, elle osait cette confession ?

Comme cet avant… qui se débride dans l'aujourd’hui ?

Un jamais n’existe pas… pour un pécheur.
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» 28 janv. 2018, 22:46

Malgré l'obscur malgré l'obscène
Je l'appelle
Poussière de sentiment qui devient mienne
Je l'appelle
Tu recouvres l'âme, tu troubles le ciel
Nos veines.


Tout est si flou. Tout est si étrange. Cette chaleur qui nous entoure n'a rien de familier. Pourtant il m'appelle. Je ne sais le nom de cette chose qui m'attire à Lui. Est-ce ça, aimer ? L'Amour ? Dans son plus simple appareil. Celui qui nous rend nu et fragile. L’incertitude paralyse ma conscience.... Je ne peux l'aimer de cette manière.

Tu reviens toujours, l'interdit. Comme un défi.
Vois comme c'est lourd, c'est lent.
C'est un revolver, Nous trop puissants.


'Je t'aime aussi.'
Il ne mesure pas l'immensité de l'aveu. Mon cœur déborde d'un trop plein de sentiment. C'est doux. C'est Mal Je remercie la pénombre de cacher mes pommettes roses. L'embarras se joue de moi. Le sens prend forme et se module en ce que je refuse... Il ne faut pas. Pourtant le mien me ronge et je suis prête à y céder quand même. Quitte à y perdre l'âme. Mon regard tendre vissé au sien s'égare dans ce combat intérieur. Je voudrais comprendre. Mon Dieu, il me touche. Ramène mes cheveux en arrière. Un simple geste qui m'étourdis. Mes mains ont quittées ce visage pour s'accrocher à sa taille dénudée. Son épiderme sous la pulpe de mes doigts, la réaction ne se fait pas attendre. Mes cuisses le pressent au contact du froid. Pourtant... j'ai chaud. Le contraste marque ma peau d'une chair de poule palpable. Il s'approche... mes lèvre s’entrouvrent dans une inspiration fragile. Mais c'est le front qu'il vient embrasser. Je sens la brûlure, là où ta bouche me touche. Trois malheureuses secondes qui partent en fumée dès qu'il recule. Je retrouve alors mon souffle jusqu'à lors suspendu. La déception me pique. Je plante mes dents dans ma lèvre sans cesser de le contempler. Je crois que je peux passer le reste de la nuit à le faire.

Juste être proche de lui.

Son regard m'interroge. Vais-je mieux ? Il me semble. La vision éphémère est déjà loin. Elle laisse cependant cet arrière goût d'inconnu. Ne pas comprendre est source d'insomnie. Bien qu'il soit avec moi. Reste avec moi.

'Ton cauchemar...'
Le mot qui fâche ? La claque. J'en cligne des paupières... Oh. Pourquoi maintenant ? Pourquoi comme ça ? Mon visage change, en devient sérieux. Il vient de jeter un seau d'eau sur mon endorphine; l'orgone se noie. Mes sourcils se froncent et mes perles polaires fuient aussitôt les clairs. Je n'y arriverais pas. Sa paume sur ma joue remonte mon regard jusqu'à s'accrocher désespérément au sien.

'Tu veux m'en parler ?'
Comme avant ? Comme lorsque je confiais mes mauvais rêves de gamine à un père attentif ? Mon cœur se sert d'avantage. Ma tête hoche doucement de gauche à droite. « Je n'y arriverais pas... » Dis-je finalement à demi-mot, la honte plantée dans ma voix. J'en suis incapable. Tout est encore frais dans ma mémoire. Le moindre détail... Son regard pénétrant et cette force hivernale qui émanait de lui. De ses coups qu'il donnait à l'autre créature. Les battements de mon myocarde s'emballent à cette vision. Je crois que j'ai peur de lui dire... Peur de lui avouer qu'il est ce qu'il est. Un Nephilim, tout simplement. Ai-je déjà accepté ? J'en sais rien. Je sais juste que je refuse de le perdre. Ce soir...

Ma gorge se sert à nouveau. Le sanglot menace de remonter. Je dégluti difficilement... Je ne peux supporter plus longtemps le regarde qu'il me lance. Alors j'avance ma tête jusqu'à coller doucement ma joue sous sa clavicule gauche. Le bout de mon nez frôlant la naissance de sa gorge. J'inspire son odeur. Elle me rassure. Je dépose un baiser contre sa peau. Innocente. Mes bras emprisonnent sa taille, mes mains caressent lascivement l'épiderme qu'elles rencontrent. Une étreinte fraîche, nécessaire...

« Je t'ai rêvé. »
Toi, et ta peau sombre. Je me sens frémir. Dois-je continuer sur cette pente ? … Je ferme un instant les paupières. Mon souffle tiède s'échouant contre sa peau. « Pourquoi es-tu si froid ? » Que je demande sans prendre conscience que je mets les pieds dans le plat. Je ramène une main contre son ventre. Abdomen que j'effleure de quelques doigts dans une danse en zigzag. « Ta peau a toujours eu cette fraîcheur. Parfois elle est plus froide... mais j'aime. Tu me fais penser au marbre. » La confession est timide. Je sais que je ne peux pas faire plus. Mes yeux s'ouvrent de nouveau sur la pénombre. Sur cette gorge qui me tente. Je m'en mord le coin de la lèvre. C'est mal.J'ose lever le menton pour l'observer en contre-bas. Il est juste magnifique. Peu importe sa forme. J'en ai conscience...

Nos vies s'enténèbrent.
Notre Paradis noué.
A jamais ?
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» 29 janv. 2018, 00:37

Ne rien savoir faire pour l’apaiser de manière optimale… là est la véritable épine. Elle, tout simplement. Rares sont mes pairs qui savent, mais ceux-là voient cette faiblesse que peut représenter ces sentiments. Comme tout ce bouquet que je garde au creux de ma poitrine, ils me tourmentent. Un nœud monstrueux. Le démêler ? Danger. Le froid l’emporte et gèle ce qui reste une fois la tornade passée. Je ne souhaite que personne ne se perde dans son œil. Puis vient l’amertume. Je ne sais pas comment ressentir. Tout ce qu’on m’a apprit, c’est survivre… et servir.

Ce n’est pas ça que je lui ai transmis. Ce n’est pas ça qui la sauvera. De père à fille, (c’est un fait, même si le sang ne nous lie pas), ce n’est que son épanouissement qui m’importe. La sécurité, le bonheur… même s’il lui échappe des doigts aussitôt, c’est ça que je veux. Pour elle.

Je sens que l’épine s’enfonce bien trop loin, et l’Orgone se dissipe petit à petit. Je crois que c’est mieux ainsi. En revanche… la voir dans un état de malaise ne profiterait à personne. Ce dernier s’installe, pourtant. J’aimerais la rattraper avant qu’elle ne sombre à nouveau… la porte est fermée.

« Je n’y arriverais pas… »

Et je repense à sa mère. Elle me revient toujours lorsque mon regard court sur son visage… elle lui ressemble tant.
Mon regard la pèse, alors je l’ôte à son tour. Mais malgré ça, je tente de la ramener à moi à nouveau. Je lutte contre ces pulsions pécheresses sous-jacentes, me rattrapant à cet essentiel. L’issue n’est pas condamnée. La main qui caresse son épaule retourne contre ses cheveux, entretenant la même gestuelle affectueuse. Elle s’est laissée reposer contre moi : je ne la vois plus, je la devine.

« Ça va, galbi. C’est pas grave. » Oublie. Balaie la chimère et accroche-toi au présent. Accroche-toi à moi. Je patienterai, et peut-être que moi aussi, j’oublierai.
J’en sourirai, si la situation n’était pas propice à ce genre d’écart : oublier, c’est là la tâche la plus compliquée qu’il m’ait été donné d’accomplir. Et pour cause, je pense n’avoir jamais réussi à obtenir des résultats concluants.
Mais pour toi, je te promettrai volontiers d’essayer.

Je pensais réussir à aplatir ces émotions que je venais de ranimer chez elle. Lésée. Je sens son souffle qui se force à être long et sa main qui se balade sur ma peau froide et nue. Je repense à Silje, une nouvelle fois. Je pense à mille lieues plus loin, dans l’ombre qui gâte notre avenir commun.

C’est de moi dont elle a rêvé.

Elle ne me ment pas.

La suite… aurait pu m’embourber, si je ne savais pas mentir. Ou rester ce marbre qu’elle flatte du bout de ses doigts, alors qu’à l’intérieur, il y a l’avalanche…

« Tu ne t’en souviens pas… » …ou tu ne sais pas. Je joue avec sa mémoire, c’est plus fort que moi — il me faut cet avantage, il est nécessaire.
Ta mère savait. Toi pas. Tu étais trop jeune, tu as toujours cru ce qu’on voulait bien te faire avaler. Des mensonges tissés pour te protéger. Aurais-tu seulement supporté ? Silje en avait déjà suffisamment à être considérée comme une esclave — aux yeux de mes pairs, l’évidence. Sous ce regard de cristal, elle était tout sauf un objet. Elle était mon aimée. Tu étais tout pour elle, tu étais tout pour moi. Nous t’avons préservé.

Mentir. Pour survivre.

Je la sens bouger un peu mais mon regard se perd ailleurs, dans un coin de la pièce. Au lieu de chercher ses traits, je les fuis — c’était ainsi que je m’étais protégé de Silje, avant qu’elle ne s’impose dans ma vie. Avant que je ne daigne poser mes yeux sur elle et accepter de nouer nos deux entités. J’ai l’air songeur, c’est le cas, puisqu’un souvenir me traverse. La situation me renvoie des années en arrière, lorsqu’elle était encore enfant. Je revois son sourire édenté par la chute de quelques dents de lait, ses longs cheveux qu’elle ne voulait jamais couper. Et je la retrouve dans mes bras, à me demander pourquoi je suis aussi froid. Je ne mens pas en me souvenant, car ce fragment de mémoire est bien réel. Ça se lit sur mon visage, duquel irradie une douce nostalgie.

« Je me rappelle quand tu m’as posé la question pour la première fois. » J’inspire un peu d’air. J’étais à mon piano et elle insistait pour que je m’occupe d’elle. J’avais dû la laisser sur une de mes cuisses à supporter qu’elle tripote le clavier de manière désordonnée. Et elle avait lâché l’évidence, avec ses mots d’enfant que je n’arrivais pas encore à recevoir facilement.
« Et je sais qu’avant, je te faisais plutôt penser à Jack Frost. » En lui disant que ce n’était pas le cas, que j’étais « un peu malade », mais que je n’avais pas mal. Que j’avais seulement un problème nerveux qui affectait la température de mes extrémités, voire même ses sensations. Les maladies neurologiques rares ont bon dos. Silje a toujours eu du mal avec ce mensonge, mais elle a fini par s’y faire. Son absence aurait été bien plus dommageable. Et je mens encore cette nuit. Je ne lui ai jamais révélé ma vraie nature. Elle devra croire au contraire.
« Ça t’embêtait bien lorsque j’avais des bisous à te faire en plein hiver… » (Si ce n'était que ça…) Elle n’a su ces quelques détails qu’à l’adolescence, car arrivant à un autre degré de curiosité. À vrai dire, avoir implanté l’idée d’un père souffrant d’un mal rare (quoique peu invalidant) n’était pas tant la meilleure chose à faire. Moi, médecin psychiatre, n’aurait certainement jamais accepté qu’un patient agisse de la sorte. Or, je ne suis pas mon propre thérapeute. L’expérience me déplairait fortement au demeurant. Mes yeux reviennent à elle, ou du moins, essaient. « On a dû attendre que tu grandisses pour te le dire. Tu n’aurais jamais tenu ta langue. » Une pipelette et pas des moindres. Ça, c'était un fait avéré.

Amener une première chose, pour en dévoiler une autre…

« C’est ça qui t’a perturbé ? De me savoir différent ? »

Mes yeux crient leur mensonge : je pensais que tu le savais.

Sauf que j’ignorais qu’elle avait vu « plus » que ça. Allait-elle seulement me le dire ?
D’ailleurs, comment pouvais-je seulement concevoir qu’elle ait pu me voir dans cette forme ? Arrière-goût d’impossible, ou plutôt de honte… je ne sais pas si j’apprécierai.
Savoir, c’est une chose. Voir… c’est croire. C’est s’y ancrer. S’enchaîner.

Et si elle avait… « Peur ? Tu n’as pas peur, Helle ? »

Et d’un léger mouvement je la redresse, cherchant à capter son regard. À m’assurer qu’aucune émotion aussi toxique ne la traverse. Que rien ne la menace de s’éloigner de moi… encore une fois.

…oui, c’est moi qui avait besoin d’être rassuré.

Parce que je l'aime.
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» 29 janv. 2018, 11:30

Galbi
J'ai cette impression de déjà entendu. C'est lointain. Mais je m'accroche à ce petit mot qui sonne si doux à l'oreille. Il me soulage et apaise mes maux. Un débris de souvenir qui flotte à la surface de ma mémoire... Que c'est bon de se rappeler du passé. Même un simple adjectif peut tout changer. Ai-je changé? Je crois qu'une partie de moi est morte à jamais. Je suis revenue et je ne mesure pas le prix de cette 'renaissance'. J'ai laissé cette petite fille derrière moi. Elle et tout ce qu'il va avec. Cette figure paternelle qui n'est pas le mien. Une mère oubliée dans les méandres de l'infini. Mon identité. Alors je compose avec ce qu'Enki me donne dans un confiance totalement aveugle. Je recoud comme je peux notre passé commun... Avec cette amer sensation que quelque chose à changer. Ce n'est pas Lui. C'est moi.

Je veux fermer la porte à l'oubli pour tout recommencer. Simplement vivre, tenter d'atteindre une humanité.

Sa main contre mes cheveux calment mon appréhension à cracher la confession. J'ai encore ce rêve dans la tête. Ce que j'ai vu... Je sais qu'il est réel. L'a-t-il seulement deviné ?

'Tu ne t'en souviens pas...'
Non. Et crois-moi que cela me ronge.J'en culpabilise presque. Il doit être difficile d'être à sa place, tout comme cela l'est pour moi. Il est si patient. Alors en guise de réponse, je secoue légèrement le crâne à la négatif. Heureusement qu'il ne peut voir mon visage, il se décompose de honte. En revanche je ne cesse de le regarder. Il est si songeur... Est-ce bien ou mal ? A quoi peut-il bien penser ? Et s'il regrettait de m'avoir ramener entre ses murs ? Je l'ai oublié... Cette pensée m'est insupportable. Il brise ma réflexion nocive en ramenant mon attention sur lui. Parle-moi... Dis le moi...
'Et je sais qu'avant, je te faisais penser à Jack Frost.'
Je ne m'en souviens plus. Mais cette bride de souvenir me fait doucement sourire. Je pose à plat ma main qui se baladait contre son pectoraux. C'est froid. J'aime. L'idée de le comparer à Frost est bien une lubie de gamine. Et ça m'amuse.
 'Ça t’embêtait bien lorsque j’avais des bisous à te faire en plein hiver… '
Là encore, la confession ne me touche pas. J'ai beau gratter cette couche épaisse qui enveloppe ma prison aux secrets, je ne me retrouve pas... C'est frustrant au même titre que cela me brise. J'ai le sourire aux lèvres. Triste. Je nous imagine alors... Comment était-il ? Sûrement le même... Je pense qu'il n'a pas changé aussi physiquement que le reste. S'il est vraiment ce qu'il semble être. Il ne connaît pas la morsure du temps. Pas comme moi. Je m'interdis à divaguer vers le futur et m'accroche au présent, à sa voix. Ma peau en frissonne. J'entrevois qu'il me regarde. Je le devine. 'On a dû attendre que tu grandisses pour te le dire. Tu n’aurais jamais tenu ta langue.' Me dire quoi ? Qu'il est différent par sa peau froide ? Qu'il est... Nephilim ? Alors je le savais ? Je me perd dans un bouillon de question, déviant mes perles froides sur ma main immobile. Je le savais... Donc il ne m'a pas menti. Il me préserve depuis le début. Allait-il seulement me l'avouer dans l'avenir ? Ou bien comptait-il garder son secret pour lui ? Et finalement, mentir. La boucle me donne le tournis.

'C’est ça qui t’a perturbé ? De me savoir différent ?'
Perturbée ? Mes sourcils se froncent dans le flou qui s'ouvre à mes pieds. Et je percute. Le cauchemar... Il le pointe du doigt. Je ne sais comment réagir. Je n'ai pas envie de déballer un mensonge. Mes lèvres se pincent fortement. Manie que j'ai prise lorsque mon cerveau turbine à plein régime. Je ne sais comment lui avouer. Jusqu'à maintenant, je l'ai toujours mis à l’écart de mes visions. Pour le protéger. Pour ne pas l'inquiéter. Voir l'avenir ou le passé n'a rien de bien glorieux. Tout est peine la plupart du temps... Mon carnet est mon confident, mon échappatoire pour ne pas finir folle. Carnet que je ne cache pas. Il repose à seulement quelques centimètres de nous, à même le sol.

« Peur ? Tu n’as pas peur, Helle ? »
Peur ? Merde. Mon cœur s'affole subitement. Il me redresse sans que j'y résiste. Me revoilà de nouveau face à lui. Les mains sur mes propres cuisses nues. J'ai un rideau de cheveux qui me barre le visage. L'unique œil le fixe. J'entrevois de l'inquiétude dans son regard. Comme cela me peine. J'ai ce feeling de me jeter à son cou pour le rassurer... Lui dire que rien ne change. Que quoiqu'il arrive... Je l'Aime.

Mais ma bouche est un sanctuaire. Mon corps un tombeau.

Rester comme ça attaché
Ne peut rien changer...

De longues secondes envahissent notre espace par ma faute. Je vois la détresse dans ses perles trop claires. Je n'y arrive pas. Je n'ai jamais su me confier, je crois. Et je vois son visage. Je me maudis. Je craque. La barrière dressée entre nous s'effrite peu à peu. Il faut que je sorte de mon mutisme. Le courage serpente dans mes veines. Tyrannie des secrets. Il est peut-être temps de tout arrêter. Deviens ce confident qui me manque tellement

« Enki... » Car je n'ai pas la force de le nommer pappa. C'est trop tôt et me gêne. Pourquoi cela me dérange-t-il autant? Je me mord le coin de la lèvre avant de poursuivre dans un murmure. « Ta peau froide... Ne me dérange pas. Ta couleur sombre... Ne me fais pas peur. Tes cornes... Ne m'impressionnent pas. Tes ailes... Ne me rebutent pas. » J'ose un sourire attendri. « Tout fait parti de Toi. C'est Toi.» J'échappe un soupire. « Pourquoi ne pas me l'avoir dit ? Que tu es deux ? » Je ne te reproche rien. Je comprend les raisons de me l'avoir cacher. Mais j'aurai aimé l'écouter de ta bouche que d'une vision sanglante. Je me soulève de ses genoux pour prendre de la hauteur. J'approche mes mains tièdes de son visage et ramène des boucles brunes en arrière. Un geste doux et affectueux qui a pour but de le rassurer. Rien ne change. « J'ai toujours cette envie de te toucher. De te serrer dans mes bras. De t'écouter me conter notre passé oublié. De t'entendre pester. De te protéger. » Et de t'Aimer. Mon cou se tend et mes lèvres scellées déposent un baiser appuyé contre son front.

Puis je recule.

Je reprend ma place sur ses genoux. Mes mains sont sages et posées à nouveau sur mes cuisses. J'observe sa réaction à présent que je lui ai fais comprendre que oui, je sais. Mais je veux qu'il me le dise. Je veux l'entendre. Je crois que j'en ai besoin.

De tous mes anges 
Tu es le plus dévoué
Et moi l'étrange paumée 
Fiancée à ton enténèbrement...
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» 29 janv. 2018, 13:06

Mes paroles sont cousues d’ombre et de lumière, qui fait alors prospérer le voile lourd d’un brouillard. J’en ai soudainement conscience lorsque je repère mes propres inquiétudes au premier plan. Je les écrase d’un coup de sabot, le froid griffe à nouveau mes traits. Je crois qu’elle ne m’a pas vu, qu’elle n’a pas vu, après tout, c’est le silence qu’elle m’a offert. Il m’est aussi pénible d’être le seul à me souvenir, pour ce que j’aurais souhaité partager à nouveau sur un pied d’égalité. J’ai bon espoir qu’un jour, les trames se croisent à nouveau et s’assemblent. L’espoir d’un soignant qui croit en sa médecine. L’espoir d’un père qui croit en un bonheur suicidé.

Je l’ai redressé sans grande difficulté et n’a pas opposé de résistance. Puis c’est mon prénom, à nouveau, qui s’échappe de ses lèvres… elle ne m’appelle plus Pappa. Depuis son éveil, c’est ainsi. Je vais devoir m’y faire. À l’idée que la transformation puisse être aussi radicale et profonde… l’un empêcherait-il l’autre ?

Coi, je l’écoute qui se fait violence à poursuivre sur cette pente. J'aurais dû lui dire clairement. « Ta peau froide… Ne me dérange pas. » Je m’interroge soudainement, mais la suite ne tarde pas à arriver. « Ta couleur sombre… Ne me fais pas peur. » Mes mâchoires se détendent au fil des mots, mon esprit s’égare tout en voulant rester centré sur son entité. « Tes cornes… Ne m’impressionnent pas. Tes ailes… Ne me rebutent pas. » Mes lèvres s’entrouvrent et ne laissent échapper aucun son. Comment ? C’est la première chose qui me claque au visage. Je n’arrive même pas à être apaisé par le fait qu’elle m’accepte tel que je suis. Tel que je suis… j’ai alors cette certitude dérangeante qu’elle ne me connaît pas. Que, même avant la révélation ou sa possession, elle n’ait jamais pu accéder à ce privilège. Ne partager qu’un fragment de moi, en gardant l’autre sous cloche le plus possible. Je réalise… que sa vie n’a été qu’un mensonge, et celui-là s’épanche encore, malgré le pas qui vient d’être franchi cette nuit. « Pourquoi ne pas me l’avoir dit ? Que tu es deux ? » Je ne suis pas deux. Je suis un. Si l’idée était d’avoir une part sombre et lumineuse, ce serait se méprendre. Le manichéisme ne me ressemble pas. L’Autre, c’est moi. Rien ne change. Rien d’autre que l’apparence qui, à mon sens, est repoussante. Je pourrais être deux si je n’acceptais pas le fait d’être Nephilim. Ce n’est pas le cas.

J’ai ramené une de mes mains sur le matelas, un peu en arrière. C’est à moi d’être terriblement silencieux, mais en réalité, je me ronge le frein. Mes pensées foisonnent, mes réflexions s’entremêlent. Je peine à voir clair dans toute cette obscurité qui me freine. Je suis encore lointain lorsqu’elle s’approche pour m’embrasser le front — ce contact me paraît même vaporeux. Doux mais lointain, tout comme moi. Les mots qui suivent font écho et me forcent, cette fois, à enterrer mon mutisme. Pour les premiers temps, je ne la regarde pas, bien trop préoccupé à rétablir la vérité… ou simplement la dénicher.

« Tu ne m’as… jamais vu. »

Je pose le fait avéré. Le fait qui avait un sens, avant sa confession.

Peut-être ne décrit-elle qu’un tissu de rêves créées de toutes pièces par son esprit. Helle venait seulement de libérer des signes distinctifs - et pour le moins communs - relié aux Nephilim, à leur forme originelle. Tous n’ont pas la peau sombre… mais tous ont des ailes. Quant aux cornes… je me souviens de sa façon de me toucher le front il y a quelques minutes. L’horizon s’éclaircit. Peut-être est-ce simplement une chimère, peut-être a-t-elle seulement découvert ma nature comme d’autres auraient pu le faire avant elle. Peut-être lui a-t-on simplement dit cette vérité, et son esprit a fait le reste.

« Comment… » qui s’échappe de mes lèvres alors que je me coupe seul dans mon élan — j’ai voulu penser à voix haute.

Tu sais, mais tu n’as jamais vu.

J’établis toutes les connexions possibles dans mon esprit. J’ai l’air perdu dans des pensées, des réflexions nécessaires en réponse à ce flot d’émotion désordonné.

Et si…

Serait-ce possible qu’elle ait lu l’avenir ? A-t-elle hérité d’un cadeau au départ de l’Ange ? Cette simple pensée me hérisse. Elle me hérisse car l’Ange l’a meurtri. Elle. Moi. Sa mère. Nous tous. Colère ? Qu’est-ce que ce serait… si je n’aimais pas ce qui fait maintenant partie d’elle ?

« J’étais persuadé que tu le savais. Que tu l’aurais forcément deviné. J’aurais dû t’en parler, excuse-moi. »

Alors pourquoi tout ce froid que l’on sent en moi ?

Je t’offre ce que tu veux entendre, alors que tu le sais déjà. Ce n’est que l’écho de ta chimère.

« Je suis Nephilim. »

Et je ne conçois pas le fait que tu aies pu me voir sous cette forme, qui est ce moi que je m’évertue à garder silencieux lorsque je suis avec toi.

Je me redresse à nouveau, détendant mon bras et allant chercher ses perles. Mes paumes finissent contre le dos de ses poignets, quand la confession d’un père file…

« Et ce n’est pas à toi de me protéger. » Ni à personne d’autre. Dans ma conception de la chose, je n’étais qu’un Révélateur, un minion, un soutien vestal, le fils aîné d’Ishtar le Tissemort, prêt à servir et à mourir.
Des rôles qui s’inversent ? Très peu pour moi. J’ai beau avoir certains talents notables, et au contraire certaines lacunes, ma fille n’avait pas à me protéger, en aucun cas. Mon bel âge n’aide pas à renouveler ma façon de penser, même si j’ai réussi à traverser les décennies en m’adaptant (et certains pourraient même dire que je me suis laissé geler aux années 70, mais passons).
Si mon sens aigu du sacrifice était aussi viscéral, il pouvait aussi s’avérer être vénéneux pour les miens. Les miens, justement, ne sont presque plus. Ishtar, Siam… les quelques Révélateurs qui étaient dans mon entourage proche sont soit morts, soit des Faucheurs.

Tu ne m’as jamais vu…

Et tu n’as pas peur.

Pourquoi n'as-tu pas réussi à le dire, dans ce cas ?
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» 29 janv. 2018, 14:54

Il a ce mouvement de recul qui m'inquiète. Je ne sais ce qui est le plus hivernal. Son silence ou le contact avec sa peau. J'ai l'impression dérangeante d'avoir fait une énorme connerie. N'était-ce pas ce qu'il attendait de moi ? Que je lui fasse comprendre ? Alors... Alors pourquoi tu t'éloignes... Mon petit cœur se sert douloureusement dans sa prison de chair. Je crois que j'ai envie de fuir. J'ai les jambes si lourdes que j'en suis bien incapable. Je reste à mon tour silencieuse, vivant son mutisme comme la plus cruelle des punitions. Mon regard se fait brillant. Je n'aurais pas dû... Ma langue, ne jamais la délier. Même enchaînée à Lui. Une pensée me terrifie. Et si je venais de briser quelque chose ? Notre lien ? Je crois que je ne le supporterais pas.

'Tu ne m'as jamais vu...'
Mon regard perdu vrille du point imaginaire à Enki et s'accroche au sien. Je le devine dans cette obscurité qui nous enveloppe. Un frisson me parcours l'échine. Ce n'est pas de la peur qui m'électrise mais l'appréhension de vouloir continuer dans cette direction. Je ramène machinalement une lourde mèche derrière mon oreille. Le geste est piqué d'un embarras palpable. Son 'comment' résonne comme un écho que je balaye en m'agrippant à ses perles claires. Paumées dans sa propre réflexion. La culpabilité gratte de nouveau à ma porte. Mes dents se plantent dans ma lèvre. Et mes épaules s'affaissent comme si j'avais le poids du monde qui m'écrasait. Ne rien lui dire … Il ne faut pas. Est-ce mentir ?
'J’étais persuadé que tu le savais. Que tu l’aurais forcément deviné. J’aurais dû t’en parler, excuse-moi.'
Pourquoi ce froid ? Il souffle sur mon visage et transperce mon âme. J'ai le cœur au bord des lèvres. Comme je regrette. Comme je regrette tellement. Je me fais violence pour contenir le flot de larme qui me submerge et griffe mes dernières volontés à ne pas céder. Lorsque sa voix jaillit de nouveau jusqu'à me faire légèrement sursauter.
' Je suis Nephilim. '
L'aveu est offert. C'est une délivrance. Il m'allège de ses maux violents, de toutes ces interrogations sans réponse. Un sourire timide étire doucement ma bouche. Si doux. Celui qui trahis ma réponse muette. L'acceptation silencieuse. Ma respiration se fait plus légère et moins rapide. La vision m'a simplement ouvert les yeux sur une vérité que je connaissais déjà. Mais à quel prix … Naïve, j'ai cru bon de lui dire sans me douter un seul instant que cela pouvait fêler quelque chose de son côté. Comment va-t-il me regarder s'il me pose la question une nouvelle fois... Le 'comment' que j'ai volontairement ignoré... Je ne saurais lui mentir. Mes iris glissent sur un point fictif. Mon cerveau bouillonne.

Je le devine bouger jusqu'à sentir ses paumes froides sur ma peau tiède. Je relève aussitôt mon regard polaire et le plante dans le clair. Il est toujours brillant mais ne coule pas. Je me l'interdit. Je n'ai plus de sourire à ma bouche. Juste une sorte d'amertume qui voile mon visage d'une tristesse sans nom. Comme j'ai mal. Je sais que tu es déçu, pappa. Cette pensée me contamine et me blesse. Mes lèvres se fendent mais aucun mot ne sort. 'Et ce n’est pas à toi de me protéger.' Il est trop tard pour ça. Je m'évertue à le faire pour ne pas te faire souffrir. Ce soir... j'ai cette sensation d'avoir lamentablement échoué. « Laisse-moi essayer... » Que je répond d'une voix mal assurée. Je le fixe non sans rougir. Je crois que ma température corporelle vient de prendre quelques degrés supplémentaires sous la pulsion qui m'anime. « Je ne suis plus une enfant. » Regarde-moi. Je n'ai plus rien de cette petite fille que tu as vu grandir. « J'ai ce devoir de veiller sur toi. Et de te protéger, quoiqu'il arrive. » Parce qu'il m'a sauvé de ce trou. Parce qu'il est mon père. Parce que la vérité risque de l’abîmer encore plus. Il y a tant de façon à le protéger. « Nous sommes une famille. » J'en prend conscience. « Même si le sang qui coule dans nos veines est différent. » Nephilim ou non. Mes sentiments, rien ne change. « Tu sais, je t'aimerais jusqu'à la fin... Mais toi ? » La question est posée et non sans innocence. J'ai cette crainte (elle est multiple) de le perdre au fils du temps. J'ai la phobie de ce futur qui se peaufine. Sera-t-il beau ? Sera-t-il combat ou bien larme ? Je crois que j'ignore tellement de chose sur Eux. Mon réveil est encore fragile et mes interrogations naissantes. Cette vision me retourne le cerveau. Je fini par échapper un bref sourire. « Non... C'est idiot. Tu n'as pas à y répondre. Je crois qu'on a eu notre dose de révélation... » Et maintenant ? Nous allons continuer à vivre, comme si de rien n'était ? Comme si rien n'a changé ? L'ignorance peut-être parfois un cadeau... Cela évite les chamboulements ou pire... Les éloignements.

Ne m'abandonne pas...
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» 29 janv. 2018, 16:02

« Laisse-moi essayer… » et déjà, ma tête se secoue légèrement de gauche à droite. Cette idée me révulse. Elle a grandit, mais cela ne veut rien dire. Elle ne sait même pas de quoi elle parle en cet instant précis. Le mal est fait, n’est-ce pas ? Le mal est fait et ce n’est en rien de sa faute : c’est celle de Dieu.

Elle parle de devoir, je crois m’entendre. J’en lâche un soupir nasal, mon avis n’a pas changé et ne changera pas. Le bloc de marbre est bien difficile à fendre, voire même à déplacer d’un point A à un point B. Qui aurait le culot de faire desserrer les pinces d’un scorpion aussi déterminé ?
Malgré la déconvenance, je reste en position d’écoute. Je resserre un peu plus mon emprise sur ses poignets, plongeant mon regard aussi loin que possible dans le sien. Une nouvelle fois, mes mots sont pesés, lourds, presque trop froids — mais eux, au moins, sont sincères. C’est ce moi qu’elle a aperçu qui lui parle.

« Écoute-moi. Je n’ai pas besoin d’être protégé, Helle. Ni par toi, ni par personne d’autre. »

Du reste, je doute que quelqu’un ait prévu de me soutenir corps et âme si mon immortalité venait à être mise en péril. Michael ? Je songe à lui car je pourrais lui offrir mes glaives pour le protéger. En ferait-il autant pour moi ? J’ai cette intime conviction qu’il le ferait, oui.

Mais toi, comment pourrais-tu ? Et de quoi voudrait-elle me protéger au juste ?

Alors elle poursuit, difficilement et en insistant. Je ne peux contrer les arguments qui suivent, puisque ce sont des faits avérés : nous sommes une famille, et je l’aimerais jusqu’à ce que mon âme me soit arrachée. Helle se permet d’en douter, et je crois être éraflé par ces paroles. Je ne peux pas lui en vouloir, elle à qui on a tout volé.

Ma famille, pourtant, c’est aussi eux. Mes frères et sœurs. Mon clan. Si les Révélateurs étaient ainsi lié, jusqu’à s’interpeller de cette façon-là, j’ai cru remarquer que ce n’était pas le cas au sein des autres. (Un argument supplémentaire pour ceux qui nous voyaient comme une sombre secte.) Je n’ai pas effacé cette manie pour autant, quant bien même certains Nephilim ne sont pas nécessairement en bons termes avec moi. Mais on ne choisit pas sa famille… n’est-ce pas ? Helle, Silje… c’est la famille que j’ai choisi. Il n’en reste que des bris, mais je m’esquinterai volontiers les griffes à vouloir tout réassembler.

Alors… « Contente-toi d’aimer. » Parce que c’est quelque chose qui te soignera plus que ça ne t’abîmera. Parce qu’il n’y a que ça qui nous sauvera. « S’il te plaît. », un peu plus bas. Je lui caresse les cheveux d’un geste lent et attentionné.

« Ce qui devra arriver arrivera, » avec son avenir dont nous ignorons tout, rend nos angoisses plus féroces. Mais j’ai appris à ne plus regarder loin devant, seulement m’arrêter. J’ai accepté mon destin depuis longtemps. Mon passé en revanche…

Oh, les mots d’un père ne sont pas toujours doux. Je ne refuse pas de la voir grandir, je refuse de la voir prendre une place qui finirait par sonner son glas. C’est son ignorance, c’est cet amour aveugle qui la porte. Cet élan chevaleresque qui ferait mieux d’être enterré, avant qu’il ne fasse mourir sa flamme.

Je suis encore ramené à cette idée qu’elle ait pu me voir. Mon esprit ne veut pas s’en défaire. Après tout, elle a occulté mes propos, ou du moins, n’y a donné suite. Est-ce seulement une bonne idée que d’insister ? Je l’entraîne contre moi, doucement, le temps d’une étreinte. Je murmure. « Je t’aime galbi, je te l’ai déjà dit. Je ne partirai pas. » Car s’il y a bien quelque chose qui ne changera pas, c’est bien cet amour inconditionnel que je lui porte. Elle ne réalise pas encore son étendue, parce que ces éclats du passé se sont dispersés à nos pieds. Je me décroche de sa silhouette, puis la regarde. Le froid devient épars, la chaleur de l’affection est ravivée. Pourtant, je n’oublie pas. Je n’oublie pas qu’elle ne m’a pas parlé. L’hypothèse, toujours calligraphiée dans un coin de mon esprit. Je veux savoir…

« Il faudrait que tu essaies de dormir… » lui murmurai-je, mes lèvres s’étirant dans un sourire. Je flatte sa joue chaude d’un geste de la main. « Je peux rester, mais seulement si tu en as envie. » Je préfère le mentionner, même si la décision aurait pu être prise arbitrairement par mes soins. Je ne voulais pas d’un nouveau cauchemar. Je ne veux pas qu’elle me voie, pas comme ça. Pas encore une fois.
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